Dimanche 3 janvier : Petit bonheur au goût ferroviaire…

Nous rentrons de notre semaine dans les collines en train de nuit, le Gars ayant exceptionnellement accepté de voyager en même temps que nous (en voyage, il n'est amateur que de la couchette de son voilier, mais goûte peu le balancement rythmique du chemin de fer). Une douce voix issue du haut-parleur nous informe au petit matin, à l'heure où nous aurions déjà dû atteindre Austerlitz, que nous allons prolonger pour une durée indéterminée notre halte en plein Limousin…ah, il semblerait donc que la nuit nous ait réservé quelque farce dans l'espace-temps…à peine le temps d'entendre la voix poursuivre son mélodieux discours concernant des coffrets-petits déjeuners grâcieusement mis à disposition, je m'enroule dans la couette en me félicitant de cette inattendue opportunité de grasse matinée après un bref calcul "train encore à mi-parcours + heure de redémarrage inconnue = au moins quatre heures de retard", et je me rendors confortablement…j'entends vaguement la porte du compartiment coulisser doucement…je rêve indistinctement…la porte coulisse à nouveau, et la voix grave et chantante du militaire réunionnais qui partage notre compartiment annonce doucement : je suis allé vous chercher vos petits déjeuners !

 

Nous avons eu au final plus de cinq heures de retard, mais l'ambiance était bon enfant, Little Bug escaladait les épaules de notre héroîque défenseur patriotique, puis grimpait faire des cabrioles dans les couchettes supérieures, nous lui avons lu à tour de rôle quatre fois tous ses livres, j'ai pu répondre à vingt-sept mails en retard en buvant du chocolat dans une canette auto-chauffante, seul le Gars, on ne sait pourquoi, jurait qu'on ne l'y reprendrait plus…