Mardi 5 janvier

J'aime mon travail, mais jouer dans un grand orchestre symphonique en étant sourde d'une oreille (conséquence de la toute première otite que j'expérimente à la quarantaine déjà bien entamée !) constitue une expérience troublante et plutôt angoissante, assez éloignée de toute conception du bonheur...

Cette relativement courte journée de travail m'aura cependant accordé le plaisir de prendre mon temps...
Prendre tout mon temps pour déjeûner
à la brasserie, saluée chaleureusement par le serveur marocain qui connaît mes préférences de la carte. Prendre le temps de faire le point avec un ami poursuivi en justice par un passé délicat et qui voit le tri se faire dans son entourage, pour le meilleur et pour le pire...Prendre le temps de surprendre Little Bug à la sortie de l'école en ayant libéré la nounou...Prendre le temps de mitonner une soupe en improvisant la recette au fur et à mesure (pois cassés - carottes - courgettes, servie ensuite avec des petits lardons rissolés et des croûtons maison)...Prendre le temps de raccommoder une parka que j'adore, en écoutant Little Bug inventer, avec le copain convié au goûter, des scénarios improbables lors desquels ils chassent des requins ne sachant pas nager, des sangliers qui ont peur des loups, et des baleines, le tout à coup de flèches-lasers...Bonheur domestique que je goûte surtout par sa rareté, mon quotidien me voyant plus souvent cavaler dans les transports, instrument sur le dos et un sandwich à la main...rentrant à minuit pour déposer un baiser sur les fronts endormis de mes deux gars...