Vendredi 8 janvier

Aujourd'hui le bonheur se savourait en petites miettes - des petits bouts de touts petits bonheurs, saupoudrés sur la journée.
Ça a commencé au réveil, où j'ai chargé le Gars de s'occuper de Little Bug, n'ayant absolument pas le courage de me lever. Mon concert de la veille ayant consisté à attendre jusqu'à 22h22 avant de pouvoir jouer une pièce très délicate (assez casse-gueule, quoi) mais très brève puisque j'en suis ressortie à 22h46 (sans trop de casse, finalement), et étant apparemment encore complètement shootée par la cortisone prescrite par le bel interne d'hier - j'avais bien été prévenue des effets secondaires, je n'ai pas été déçue, j'ai couru 11 km sans effort alors qu'habituellement je tourne entre 6 et 8. Bref, je suis rentrée tard, ce qui est récurrent les soirs de concert, mais contrairement aux soirs où je m'écroule surtout si j'ai couru ou nagé dans la journée, là, rien, la tête et le coeur toujours à fond les manettes, je me suis endormie très tard...
S'ensuivit donc un réveil difficile, et j'appréhendais donc de ne pas pouvoir rester au lit puisqu'en général, dans ces cas-là, Little Bug met toute sa mauvaise volonté à se préparer sans moi...Je l'entends chouigner et renâcler, j'entends le Gars négocier, insister, menacer de se fâcher, Little Bug surenchérir avant d'éclater en pleurs, instant où je soulève la couette d'un bras rageur en me levant du plus mauvais pied possible etc...
Mais ce matin, miracle du nuage de félicité domestique actuelle, je n'ai perçu que joyeux babil et calmes borborygmes du Gars, précédant une petite galopade dans le couloir avant qu'un frais visage s'approche de moi et me lance un gentil "bisou, maman !", fin prêt à partir à l'école.

J'ai réussi un peu plus tard à me pousser au laboratoire faire une prise de sang prescrite avant les vacances, m'empêchant pendant l'attente de faire mes statistiques habituelles sur quelle personne me prendra en charge - le type raide et coincé, le jeune plutôt cool ou la belle quinqua - car en fin de compte je préfère toujours me préparer au pire (le type raide et coincé donc), je me suis concentrée sur la programmation (un bien grand mot en ce qui les concerne) de RadioClassique et bingo, ce fut la belle quinqua, qui réussit l'exploit d'engager la conversation avant que j'entre dans la petite salle de prélèvement, et de la poursuivre à bâtons rompus (tout le parcours musical de ses trois enfants) tout en effectuant son petit traffic quasiment sans que je ne m'en aperçoive...quasiment du bonheur, comparé à mes fréquents malaises dans ce genre de situation.

Pour fêter ça, je suis rentrée mitonner une tarte aux poireaux, en faisant la pâte moi-même puisque j'avais le temps, et j'ai failli prendre une photo des fines rondelles de poireaux, j'ai un faible pour les légumes fraîchement tranchés. Émincer des légumes est un petit bonheur récurrent.

Les retrouvailles avec mes élèves du vendredi ont été émaillées de sourires malicieux (Léonard entrouvrant la porte et glissant juste la tête avant d'entrer), timides (Mathurine qui a "oublié" de travailler pendant les vacances), rayonnants (Alexia, qui a réussi son galop 2 pendant les vacances), autres miettes de bonheur...

Recevoir un message de commentaire aujourd'hui aura aussi été un petit bonheur, merci à Junko...