Mardi 12 janvier

Je me réjouissais de la venue à Paris de mon amie T. et de sa fille Z. , en escale entre les collines où T. passe sa retraite et les USA où Z. enseigne. Après avoir été un peu déçue qu'elles ne tiennent pas plus que ça à découvrir notre nouvelle salle de concert ni entendre pour la première fois la formation dans laquelle je me produit - elles sont pourtant musiciennes semi-professionnelles - nous nous sommes organisées pour nous retrouver au Musée du Quai Branly, pour une très belle exposition sur la Sibérie, et plus particulièrement les peuples vivant le long du fleuve Amour.
J'ai éprouvé quelques agacements (je reconnais être facilement agaçable, et probablement agaçante pour certains) dûs à l'absence de notices claires et identifiables pour les objets présentés notamment dans les vitrines qui en contiennent plus de 3, et à certaines formulations un peu sur-écrites.
Je dois être un peu réac, mais ça me facilite la tâche que les douze objets présentés soient numérotés de 1 à 12, et ça ne me déplaît pas d'apprendre que cet ours stylisé est taillé dans un tronc de bouleau et non de séquoia. Ça ne m'empêchera en aucun cas d'être émue par la beauté de l'objet, et par l'évocation des mains qui auront patiemment coupé, creusé, sculpté, à la lueur d'un simple feu peut-être, en subissant le mugissement d'une tempête de neige, que sais-je...et quand je lis à la place que l'ours est : " présentifié par ses éléments somatiques saillants ",, et bien ça m'agace et je ne peux m'empêcher de faire du mauvais esprit.

(Mea culpa, ça démarre mal pour un petit bonheur...)

Cela dit, les objets sont réellement magnifiques, je ne pensais pas qu'on pouvait utiliser la peau de saumon pour se faire des bottes, et oui, j'ai été émerveillée par cette minutie accordée à l'ornementation de tenues splendides, quand toute l'existence quotidienne reste pourtant une lutte pour la survie...
Dehors, les magnolias commençaient à fleurir et deux jeunes ados s'embrassaient, on aurait dit le printemps.

Enfin, deux très aimables blogueurs ont pris le temps aujourd'hui de répondre à mes questions théologiques d'une part (merci Otir !) et mac-computesques de l'autre (merci Gilsoub !) et ça, c'est vraiment sympa, c'est certainement ce qu'on peut appeler un petit bonheur blogosphérique !